Nombre total de pages vues

CE BLOG A JOUE SON ROLE DE RELAIS .... PLACE AUX "NOUVEAUX URBANISTES"

L'urbanisme existe, les urbanistes pas vraiment. Ce blog était destiné à lancer le débat. Nécessaire, essentiel, car si 20 000 urbanistes au moins exercent en France, leur représentation organisée est à peine plus importante que celle de l'île de Malte, dit-on !

Le débat est lancé et désormais le réseau des "nouveaux urbanistes" prend le relais. Vous trouverez sur son nouveau site tous les articles qui visent à faire l'état des lieux, à promouvoir et à mobiliser une profession qui a été bloqué - voire gangrenée - dans son évolution par un combat des "ego" comme aucune autre profession n'en a connu.

Vanité, vanité !

La réflexion et l'action des "nouveaux urbanistes" seront désormais visibles sur son site:


http://nouveauxurbanistes.wordpress.com


Nous vous y attendons.

samedi 5 février 2011

La ville numérique, un enjeu immédiat pour les agences d’urbanisme

Rédigé par Dominique MUSSLIN

Le récent numéro de la revue Urbanisme titre sur « les territoires numériques ». La revue est en effet partenaire du salon IMAGINA qui a eu lieu du 1er au 3 février, et qui est le salon européen de référence de l’imagerie numérique en Europe.

Notre agence a développé un partenariat approfondi avec plusieurs éditeurs, prestataires et experts dans ce domaine, une partie des spécialistes de l’imagerie numérique étant nos voisins immédiats. Nous avons aussi participé en tant que conférencier au salon 2011. 

D’autres agences œuvrent depuis plusieurs années pour la 3D, en participant activement au club 3D voir en s’impliquant dans la charte d’éthique 3D récemment signée, c’est le cas d’UrbaLyon.
Les thèmes phares de ce salon, très orienté dans les années 90 vers les jeux vidéos ont progressivement évolué – marché oblige – vers plus de diversité. En témoigne le « Imagina Awards » obtenu par le réseau des agences de Rhône Alpes pour un film en 3D conçu par JP Barrel et conçu par un prestataire. Architecture,Urbanisme et Paysages figurent désormais parmi les thèmes clés d’IMAGINA. Les maquettes de séduction – petits budgets s’abstenir – sont devenues les musts du salon et de la communication des villes et des métropoles. Lyon, Bordeaux, Nice, Rennes par exemple sont les locomotives de pratiques de communication numérique assumées. Rennes jouant sur un registre original de communication citoyenne.

Pour autant, si l’urbanisme est roi dans le domaine de la ville numérique, les urbanistes et les agences d’urbanisme sont encore les grands absents de la production. Les agences qui peuvent faire état de productions, souvent hyper réalistes, font appel, comme les architectes, à des prestataires spécialisés, qui ont développé des produits très pointus utilisant essentiellement des technologies issues du domaine militaire.

Faut-il pour autant considérer que les urbanistes et les agences doivent rester étrangers à la production numérique de la ville ?
Ce serait absurde, tant notre monde est imprégné, et baigne dans la représentation en 3D. A mon sens, il faut construire une implication durable dans cette pratique, qui va se banaliser. Nous en sommes au même stade que les SIG au début des années 90.

Pour l’instant, n’existent que des initiatives timides, ponctuelles et sans effet de réseau. Adeptes d’Illustrator, la table à dessin des années 2000, nous ne sommes pas pour autant en retard dans ce domaine par rapport aux urbanistes privés, grands utilisateurs de Photoshop,

La période qui s’ouvre est féconde pour des initiatives un tant soit peu ambitieuses, car le contexte évolue fortement. Trois évolutions me semblent décisives :

1.  La RGPP a contraint les ministères et l’IGN à prendre une initiative forte. Depuis le 1er janvier 2011, le RGE « référentiel grande échelle » (la cartographie numérique : http://www.ign.fr/partage/institutionnel/RA/Pages12_21RA2007.pdf ) est désormais gratuit pour les organismes assurant une mission de service public. Un certain nombre  d’agences ont déposé une demande auprès de l’IGN. Alors que l’an dernier, elles devaient encore passer par des acquisitions à des coûts très élevés, en direct ou par le biais de collectivités, elles sont subitement en mesure de disposer de données gratuites pour construire leurs maquettes 3D. 

2.  Jusqu’à présent, on avait le choix entre des logiciels haut de gamme réservés à des prestataires pointus ou des visionneuses ou « viewers » d’entrée de gamme destinés à la simple consultation ou  représentation de maquettes 3D. Les éditeurs spécialisés s’intéressent désormais fortement au développement de logiciels dédiés à l’urbanisme, plus accessibles financièrement et en mesure de devenir « l’Illustrator en 3D ». Les agences peuvent donc désormais à la fois envisager de devenir acteurs de la 3D en interne et intégrer cette évolution technologique dans leur représentation de projets.

3.  Dès lors que les obstacles financiers et technologiques sont levés, les  agences et les urbanistes doivent veiller à créer des passerelles entre la culture numérique qui nous entoure et notre exercice professionnel.

Je vous fais donc plusieurs propositions pour faciliter l’intégration de la FNAU et des agences d’urbanisme dans la production de la ville numérique.

1.  Le salon IMAGINA est intéressé par un partenariat durable avec la FNAU autour d’une journée professionnelle dédiée à la ville numérique et ouverte plus largement pour les élus et les urbanistes. Parmi les partenaires actuels du salon, nous trouvons l’IGN et le CSTB.

2.  L’IGN, dont j’ai rencontré le directeur commercial, est vivement intéressé lui aussi par un partenariat sur l’échange de données avec la FNAU. Ce partenariat aurait de multiples avantages pour les deux parties : un seul interlocuteur au lieu de 52 pour la transmission de données gratuites, formations « customisées » (déjà projetées pour le services de l’Etat), retours d’expériences. La plate forme collaborative de la FNAU en cours de constitution serait un support idéal.
3.       
      Les éditeurs de logiciels spécialisés comme Bionatics (Landsim3D) (http://www.bionatics.com/Site/product/landsim3d.php?langue=fr) ou Archivideo (Urban) (http://www.archivideo.com/prod_urba.php?lang=fr) par exemple pourraient trouver au sein de notre réseau des formes de collaboration intéressantes pour développer leurs produits en interaction avec les utilisateurs, enrichir leurs bibliothèques d’objets 3D, constituer un réseau de retour d’expériences. La question de la formation aux outils pourrait faire l’objet d’une mutualisation.

4.   La FNAU pourrait faire un pas supplémentaire en se dotant d’un « portail géographique » 2D et 3D qui pourrait à la fois marquer l’entrée de la FNAU dans la ville numérique et devenir le support d’une pratique collaborative digne de notre réseau. (http://webgeoservices.com/?q=content/wgs-portal-0).
5.    
      L’intégration de nouvelles compétences métiers au référentiel FNAU pourrait s’envisager, ces dernières centrées sur les usages de la 3D au service des projets en urbanisme et aménagement du territoire, pourraient faire évoluer nos métiers.

Dominique MUSSLIN en collaboration avec Pierre LAVERGNE

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire