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CE BLOG A JOUE SON ROLE DE RELAIS .... PLACE AUX "NOUVEAUX URBANISTES"

L'urbanisme existe, les urbanistes pas vraiment. Ce blog était destiné à lancer le débat. Nécessaire, essentiel, car si 20 000 urbanistes au moins exercent en France, leur représentation organisée est à peine plus importante que celle de l'île de Malte, dit-on !

Le débat est lancé et désormais le réseau des "nouveaux urbanistes" prend le relais. Vous trouverez sur son nouveau site tous les articles qui visent à faire l'état des lieux, à promouvoir et à mobiliser une profession qui a été bloqué - voire gangrenée - dans son évolution par un combat des "ego" comme aucune autre profession n'en a connu.

Vanité, vanité !

La réflexion et l'action des "nouveaux urbanistes" seront désormais visibles sur son site:


http://nouveauxurbanistes.wordpress.com


Nous vous y attendons.

Affichage des articles dont le libellé est SFU. Afficher tous les articles
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vendredi 23 décembre 2011

Les démissions pleuvent à la SFU

En l'espace d'un mois, suite à la cérémonie d’enterrement de première classe qu'a constitué le centenaire de la SFU, 4 de ses membres (dont un ancien vice-président et deux membres actuels du conseil d'administration) ont rendu leur carte d'adhérent pour rejoindre le mouvement des "Nouveaux Urbanistes". Nous reproduisons ici chacune de ces quatre lettres de démission.


***

Lettre de démission de Dominique Musslin, urbaniste qualifié par l'OPQU, ancien vice-président de la SFU chargé des formations et de l'insertion professionnelle > Voir la Lettre de démission (30 novembre 2011)

Le 30 novembre 2011


Monsieur le président,

J'avais adhéré à la Société française des urbanistes pensant qu'elle permettrait aux urbanistes de retrouver la voix de la raison, celle d'une promotion dynamique d'une profession peu structurée et mal défendue.

L'énergie que j'ai dépensée a été importante et mon implication forte.

Il m'est douloureux de constater que la Société française des urbanistes n'est plus que l'ombre d'elle-même et que sa capacité à défendre notre profession est dérisoire. L'épisode du centenaire en est un des exemples les plus manifestes.

Je n'ai pas adhéré à cette Société pour vénérer le passé et surtout sa réécriture permanente. Notre profession a besoin de perspectives d'avenir, et sur ce point la Société ne nous fait aucune proposition concrète, pas même lors du centenaire.

Je vous informe donc que j'ai décidé de vous adresser ma démission, afin d’œuvrer au renouveau de la profession de façon plus dynamique.

Dominique MUSSLIN
Urbaniste qualifié


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Objet : Démission de la Société Française des Urbanistes (SFU)
A l'attention des membres du conseil d'administration de la SFU

Paris, le 5 décembre 2011


J’ai adhéré à la Société Française des Urbanistes en 2007 car j’étais (à l’époque) persuadé qu’elle était l’association la mieux placée pour organiser la profession d’urbaniste en France.

Tout en constatant de mois en mois les lacunes de la SFU pour relever ce défi, j’ai malgré tout eu la satisfaction de m’engager dans trois actions :

- Faire valoir l’apport des urbanistes et de la politique publique de l’urbanisme dans les débats de la réforme territoriale et du Grand Paris.

- Promouvoir l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes avec le pilotage d’une première enquête nationale sur le sujet et l’organisation des 1ères assises pour l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes le 11 décembre 2008.

- Livrer le combat de l’accès des urbanistes diplômés à la spécialité "urbanisme, aménagement et paysages" du concours d’ingénieur territorial, qui s’est traduit par une mobilisation sans précédent des urbanistes français et par la création du Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU).

Fédérant aujourd’hui 1200 urbanistes, le CNJU est devenu aujourd’hui la première organisation professionnelle d’urbanistes en France de par le nombre de ses membres. Pour avoir contribué activement à sa constitution (non sans fierté), j’ai retenu un enseignement de ce succès : Si nous portons l'ambition d'organiser la profession d'urbaniste en France, nous devons, à l'instar d'autres professions (médecin, avocat, architecte, ingénieur), nous appuyer sur nos organes de formation.

Lors de la dernière Assemblée générale de la SFU en mars dernier, je vous avais déjà fait part de cette conviction. Mes contacts quasi quotidiens avec les responsables de formations des Instituts d’Urbanisme (j’enseigne à l’IUP et siège au conseil de gestion de l’IFU) ou réguliers avec des responsables de la DGALN ou d’autres collègues du CNJU, me permettent de penser que la SFU n’est plus légitime pour mener à bien ce chantier de l’organisation professionnelle.

Aussi le conseil d’administration du CNJU, dont je suis membre, vient de me confier le soin de conduire une médiation entre l’OPQU et les directeurs d’Instituts d’urbanisme pour mettre en place un « label diplôme d’urbaniste ». Celui-ci vise à systématiser l’inscription sur la liste d’aptitude à la qualification de l’OPQU des 1000 diplômés sortant chaque année des Instituts d’urbanisme en France : soit le double du nombre de « qualifiés OPQU » actuels ! C’est un fabuleux gisement de compétences. Bref, si nous voulons organiser notre profession et promouvoir cet outil de la qualification, il faut aller chercher les urbanistes là où ils sont formés ! Il convient également de les accompagner en leur proposant une offre de services, comme à tous les urbanistes qui seraient tentés de rejoindre une organisation professionnelle.

N’étant pas adepte du cumul des mandats (l’engagement associatif ou politique souffre trop d’éparpillement), je préfère me consacrer entièrement à l’exercice de mes nouvelles missions au CNJU.

Je vous annonce donc que j’ai décidé de rendre ma « carte d'adhérent » de la SFU et, par voie de conséquence, de démissionner de mes fonctions d’administrateur de la SFU.

Très cordialement,

Olivier Crépin

Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU)
Délégué au Développement des partenariats
Membre du conseil d'administration,
représentant délégué d'Urba+ / réseau de l'Institut d'Urbanisme de Paris


***

Paris, le 10 décembre 2011

Objet : Démission de la SFU

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs le administrateurs,

J’ai adhéré à la SFU en 2009, reconnaissant alors en elle la seule association professionnelle d’urbanistes réunissant tous les modes d’exercice. J’y espérais pouvoir échanger sur la pratique de notre profession, sur les enjeux de sa plus grande reconnaissance, ou sur les sujets qui font l’actualité et l’avenir. Impliqué dans l’organisation des premières assises pour l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes de 2008 à partir du travail d’enquête mené au sein de l’association Urba+, j’avais souhaité participer plus activement aux travaux de la SFU à travers le projet Urba Emploi pour lequel j’ai élaboré un cahier des charges dès août 2009.

La SFU n’a pas répondu à mes attentes. La gestion obscure de l’association (qui sont ses adhérents ? quel est son budget ? quel est le rôle du CA face aux décisions déjà entérinées par le Bureau ?) et notre mésentente dans la mise en œuvre de Urba Emploi, dont je constate aujourd’hui l’échec et l’éloignement du projet originel, ont fini de me convaincre que la SFU n’est pas la structure dans laquelle je souhaite poursuivre mon engagement militant. C’est pourquoi j’ai décidé de ne pas renouveler mon adhésion à la SFU et de vous présenter ma démission du Conseil d’administration.

Persuadé que la source de notre future structuration professionnelle réside dans la mobilisation des instituts d’urbanisme et de leurs réseaux, c’est désormais au sein du Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU), pour lequel je me suis impliqué dès sa création, que je poursuivrai mon engagement. Il se traduira dans les prochains jours par le lancement d’un travail sur le développement des annuaires des étudiants et des diplômés à partir des expériences déjà mises en œuvre par plusieurs instituts d’urbanisme. Ce référencement des professionnels, ou futurs professionnels, permettra enfin de nous dénombrer, de nous connaître et, je l’espère, de mieux nous faire reconnaître.

Nous aurons peut-être l’opportunité de nous croiser à l’avenir dans ce cadre.

Bien cordialement,

François Favard


***



Société française des urbanises
À l’attention de Monsieur Christian Luyton
Président (plus ou moins démocratiquement élu)
26, rue de l’échiquier
75010 Paris

Objet : Lettre de démission de la Société française des urbanistes

Paris, le 22 décembre 2011

Monsieur,

Je vous adresse par la présente, ma lettre de démission de la Société française des urbanistes.

En presque trois ans de présence au sein de cette association, notamment en tant qu’administrateur, je n’ai pu que constater son déclin et l’absence totale de volonté de la part des membres de son Bureau exécutif pour la sortir de ce déclin. Trois ans au sein de cette association auront suffi à me décourager à plusieurs titres.


Les méthodes de fonctionnement de l’association vont à l’encontre des règles démocratiques élémentaires.

La dernière Assemblée générale qui a permis indirectement votre « élection » a été le théâtre de manipulations (intimidation des membres présents dans la salle pour leur choix de vote, fausses candidatures par SMS au Conseil d’administration, etc.) qui n’ont rien à faire dans le milieu associatif.

Lors du précédent mandat, le Conseil d’administration de l’association a été maintenu dans l’obscurantisme de la part du Bureau exécutif avec des ordres du jour élaborés à la discrétion du seul Bureau, l’omission des sujets les plus embarrassants ou encore une opacité complète sur les comptes de l’association et la véritable liste de ses membres (dont le nombre est bien inférieur aux 300 membres déclarés au CEU).


La Société française des urbanistes n’est plus un lieu d’émulation et d’innovation intellectuelle.

En tant que jeune urbaniste, j’espérais trouver en la Société française des urbanistes, une qualité de réflexion sur l’urbanisme et les urbanistes, ça n’a pas été le cas.

Je n’ai pu que regretter la faible activité générale de l’association dont les seuls faits d’armes se révélaient être des journées mondiales de l’urbanisme dont le contenu intellectuel atteignait péniblement le niveau d’une Licence d’urbanisme tout au mieux et l’ensemble des activités menées par les membres juniors sur l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes. La SFU disserte (mal) sur la ville et n’offre aucun réel service à ses membres.


La Société française des urbanistes méprise, manipule les jeunes et récupère leur travail.

Dans le cadre de mes activités au sein de l’association (enquête nationale sur l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes) ou des activités d’autres membres Juniors (Urba Emploi), j’ai constaté avec amertume un mépris global pour le travail des membres juniors, quand il ne s’agissait tout simplement d’un mépris global pour la jeunesse.

Quand ce travail n’était tout simplement pas ignoré, il était récupéré, dénaturé et falsifié comme cela a été le cas pour le projet Urba Emploi. Le projet initial, porté par un membre junior, a été récupéré, vidé de son contenu et hâtivement affiché sous la forme d’un ersatz de site internet pour gonfler artificiellement le très médiocre bilan d’activité du Bureau exécutif dont vous étiez membre.

Bien heureusement, la profession d’urbaniste et l’urbanisme n’ont plus besoin de la Société française des urbanistes pour se développer et être reconnus en France à leur juste valeur.

La fondation du Collectif national des jeunes urbanistes et le développement récent du mouvement des Nouveaux urbanistes donnent une nouvelle fraîcheur à une profession qui s’était endormie depuis plusieurs dizaines d’années. C’est donc sur une note d’espoir que je vous remets ma démission de la SFU.


Clément Marquis
Urbaniste diplômé de l’Institut d’urbanisme de Paris
Inscrit sur la liste d’aptitude à la qualification d’urbaniste (OPQU)

mardi 29 novembre 2011

Lettre de démission

Le 30 novembre 2011




Société française des urbanistes




Monsieur le président,



J'avais adhéré à la Société française des urbanistes pensant qu'elle permettrait aux urbanistes de retrouver la voix de la raison, celle d'une promotion dynamique d'une profession peu structurée et mal défendue.

L'énergie que j'ai dépensée a été importante et mon implication forte.

Il m'est douloureux de constater que la Société française des urbanistes n'est plus que l'ombre d'elle-même et que sa capacité à défendre notre profession est dérisoire. L'épisode du centenaire en est un des exemples les plus manifestes.

Je n'ai pas adhéré à cette Société pour vénérer le passé et surtout sa réécriture permanente. Notre profession a besoin de perspectives d'avenir, et sur ce point la Société ne nous fait aucune proposition concrète, pas même lors du centenaire.

Je vous informe donc que j'ai décidé de vous adresser ma démission, afin d'oeuvrer au renouveau de la profession de façon plus dynamique.

Dominique MUSSLIN
Urbaniste qualifié

jeudi 10 novembre 2011

Des JMU (journées mondiales de l'urbanisme) mortifères

Les JMU 2011, qui ont eu lieu les 3 et 4 novembre au Palais d'Iéna à Paris, coïncidaient cette année avec le centenaire de la SFU. L'occasion était belle, en se nourrissant de la réussite d'autres associations d'urbanistes comme la britannique qui compte 15 000 membres, de redonner un nouveau souffle à la présentation des urbanistes français.

Le souffle a manqué, le souffle était celui d'un corps malade, le souffle ressemblait au râle d'un mourant. Mourant au demeurant mal entouré, la salle étant presque vide, l'ambiance triste et peu propice au débat.

La présence lumineuse du grand Edgar MORIN n'a pas suffi à oxygéner l'institution mourante qu'est devenu la SFU.

La SFU incarnait l'urbanisme de 1911 au début de la seconde guerre mondiale. Puis la SFU a fait de la résistance. Le 4 novembre 2011, nous en avons célébré l'enterrement dans l'indifférence des 15.000 urbanistes français.

Une nouvelle aire s'ouvre qui nous appelle à réagir à la manière de la nation allemande étrillée par Napoléon à Iéna le 14 octobre 1806. C'est à Iéna que Napoléon crut triompher, et c'est à Iéna que les jeunes nationalistes allemands prirent conscience  de leurs responsabilités.

Les urbanistes sont du côté de la démocratie, et pas des "grands hommes".

Dominique MUSSLIN
Urbaniste
Témoin du décès de la SFU

jeudi 31 mars 2011

La vieille dame indigne décédée le 29 mars 2011

Ce qui nous rassemble tous et qui agite depuis mardi soir nos émotions, c'est le sentiment que nous partageons, avec nos sensibilités certes, nos tempéraments aussi, mais surtout nos attentes de trouver d'autres voies pour exprimer nos envies de porter un propos collectif neuf pour témoigner des attentes que suscitent notre exercice professionnel.

La SFU a été le médiateur pour un temps de ce fantasme. Manifestement nous sommes désormais non plus en présence d''un corps vivant, Nous avons assisté à l'enterrement d'une grand mère indigne, qui n'a pas su transmettre son patrimoine même si comme dans la chanson, nous étions tous là pour assister à son passage dans l'au-delà.

Orphelins nous sommes, orphelins même si quelques clones continuent à agiter la marionnette de la vieille dame. Ils vont essayer de vivre de son héritage, mais elle n'a laissé aucun testament. Ils ont même maquillé les faire part de décès en bulletin de vote et les témoignages de condoléances et SMS de prompts rétablissements.

Même si  la vieille dame a été indigne,  il faut que la vie continue sans elle et que les héritiers prennent le relais en laissant de côté les clones qui nous laissent croire que la rigidité cadavérique est une illusion d'optique et que le coeur bat, les poumons fonctionnent et qu'il faut penser à lui changer les couches et le catétère.

Les querelles de famille que la vieille dame n'a cessé s'alimenter avec ses soeurs ont fait partie de ses meurs dissolues qui lui ont permis de tenir son rang. Mais depuis, elle était resté seule à leur survivre et animée par ce qui était devenu un rituel de sa vie de centenaire, elle continuait à se battre avec des fantômes. Et à nous faire croire que la maison était hantée et qu'il fallait se méfier de tout et de tous. Sa raison d'être! Elle est morte et emporte ses fantasmes dans sa tombe.

A nous d'imaginer l'avenir dans le dialogue, la richesse de l'échange, la qualité de nos expériences, la vitalité de nos attentes et nos envies d'innovation.

mercredi 26 janvier 2011

La SFU a-t-elle un avenir ?


POURQUOI DEBATTRE D’ETHIQUE ET DE STRATEGIE ?
Chaque toute association, la SFU tient son AG annuelle. L’AG 2011 sera l’occasion de désigner un nouveau président, puisque l’actuel ne peut plus se représenter. Un changement de président n’est jamais anecdotique, mais faut-il pour autant limiter le débat interne à cet enjeu ?
La période actuelle, les évolutions significatives du contexte dans lequel baigne notre profession doivent nous incliner à prendre le temps de réfléchir de façon approfondie à notre devenir au-delà du changement de présidence. Trois exemples à l’appui :
Premier exemple : même si on peut penser que le CFDU aura encore des étapes à franchir avant de devenir l’association unique représentative des urbanistes, il convient de s’interroger collectivement sur la stratégie de la SFU face à cette initiative. Peut-on continuer à s’appuyer uniquement sur le rôle historique et l’antériorité de la SFU et ne pas bouger ?
Deuxième exemple : l’enquête du CNJU démontre, chiffres à l’appui, que les jeunes urbanistes trouvent assez facilement un emploi dans la branche, et que les débouchés se trouvent en grande partie dans la fonction publique et dans le secteur parapublic. Peut-on continuer à prendre en compte cette évolution de façon marginale ?
Dernier exemple : la principale action collective de la profession, la mise en place de la qualification, qui a maintenant 13 ans – le texte fondateur a été signé dans les locaux de la SFU en avril 1998 – fait apparaître de réelles divergences de points de vue sur la portée de cette initiative, probablement insuffisante – 400 qualifiés fin 2010 - mais nécessaire. Une ligne de fracture s’est créée entre les tenants d’un malthusianisme certain qui apprécient le nombre d’urbanistes exerçant à guère plus de 2 000 et les réalistes qui estiment  les urbanistes, sur la base d’une estimation des diplômés, à 20 000. La réussite de la qualification ne peut pas être appréhendée de la même manière ! La SFU est-elle malthusienne ou de son temps ?
Le débat qui doit s’instaurer, et qui peine à le faire depuis trois ans, doit pouvoir intégrer ce type de questions. L’alternative est relativement simple : soit la SFU a atteint le degré de maturité pour s’y atteler, soit ces questions émergeront ailleurs. Car lorsqu’une institution ne remplit plus son rôle dans un changement de contexte, une autre naît et s’y substitue. On voit le succès fulgurant, et encore fragile, du CNJU, qui a capté un thème non pris en compte.

Trois axes de réflexion, trois domaines méritent d’être explorés collectivement :
1.       L’évolution de l’éthique[1] de la SFU est devenue vitale,
2.       Le programme d’actions et le mode d’organisation reposent sur une posture de l’urbaniste omniscient dépassée,
3.       Les enjeux d’une refondation doivent prendre en compte le bouleversement dans le mode de faire la ville et les territoires.

1.       FAIRE EVOLUER L’ETHIQUE CENTENAIRE DE LA SFU EST DEVENU VITAL
Ce qui fonde pour une grande part la pertinence d’une société savante, et la SFU s’est constitué avec cette ambition, c’est son éthique qui nous indique « comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure » en matière d’urbanisme. La SFU est dotée d’une éthique centenaire, qui permet d’affirmer que « la marque SFU » reste unique, même si elle est mortelle.
Mais il est légitime, au bout de 100 ans d’existence, d’activer un droit d’inventaire. Droit d’inventaire qui s’impose pour vérifier de façon collective si cette éthique est encore vivante et pertinente. Si elle l’est, le débat sera clos et on aura eu la satisfaction de mieux la faire partager. Si ce n’est pas le cas, la SFU doit prendre le temps de se forger une éthique moderne.
Précisons le pourquoi de ce droit d’inventaire sur deux points :
11. le contexte historique,
12. la situation actuelle.

11.  Un contexte historique moins linéaire qu’il n’y paraît
Une filiation avec « l’urbanisme culturaliste » survalorisée
La SFU se présente comme l’héritière, le pilier de « l’urbanisme culturaliste[2] ». Il s’agit là de façon incontestable d’une vision éthique à la fois pertinente et d’une grande modernité pour l’époque. Pour autant peut-on raisonnablement aujourd’hui continuer à nous reposer sur cette filiation de façon aussi ferme et nette ? Car au fond, en dehors de la démarche humaniste d’Henri SELLIER et des cités jardins entre deux guerres, quelle trace durable « l’urbanisme culturaliste » a-t-il laissé en France ? Aucune ou plutôt seulement une posture contestatrice par rapport aux dégâts du fonctionnalisme, contestation dont on voit quelques faibles expressions durant les années 1970.
En élargissant le spectre, et en cherchant les traces de courants proches au 20ème siècle, on peut trouver un impact du culturalisme à travers l’émergence de pensées humanistes et urbaines proches dans la lignée de la loi de 1948, du mouvement des PACT, voire du club Habitat et Vie Sociale initiateur de l’actuelle politique de la ville. Mais si l’éthique de la SFU fait allusion à l’hygiénisme, elle ne s’est pas réapproprié toutes ces initiatives de l’après guerre. Initiatives qu’elle semble avoir d’autant plus de mal à intégrer qu’il n’est pas certain qu’elle y ait joué un véritable rôle.
La SFU se pose uniquement en héritière du Musée Social et n’a pas su imprimer durablement son éthique depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Depuis les années 1950 et jusqu’aux années 80/90, le propos de Gaston BARDET[3] reste marginalisé et c’est le fonctionnalisme dans sa version la plus froide, celle des CIAM, et non celle du Bauhaus, qui a déferlé sur notre pays, et de façon générale sur la doctrine urbanistique. A cet égard, la référence à la Charte d’Athènes dans le corps de doctrine de la SFU pose réellement problème. Car même si la SFU a tenté de la revisiter à travers la nouvelle Charte d’Athènes[4], l’ancienne correspond à l’antithèse de l’urbanisme culturaliste. Le détournement est ambigu. Au demeurant si la Charte d’Athènes a eu une portée, c’est aussi grâce à une rédaction d’une grande clarté. La nouvelle Charte est loin d’avoir ces qualités là, loin s’en faut.
Une filiation reliée aux seuls architectes-urbanistes
Il est coutumier de faire remonter l’urbanisme et les urbanistes aux architectes. Coutume d’autant plus facile à établir que la SFU était initialement la SFAU[5], Il y a bien entendu une filiation, et les études diverses sur cette évolution professionnelle donne du corps à cette assertion.
Pour autant, considérer que les urbanistes d’aujourd’hui seraient tous des héritiers de cette filiation unique est un contre sens. Car les professionnels actuels de l’urbanisme viennent de bien d’autres filiations. Cette diversité se traduit d’ailleurs dans le dispositif de qualification qui reconnaît la diversité des formations initiales. Diversité qui est le produit de l’histoire, des histoires singulières de pratiques d’urbanisme, plus ou moins reconnues comme telles d’ailleurs : l’aménagement du territoire, dans la lignée de Philippe LAMOUR, l’ingénierie à la suite des ingénieurs des Ponts et Chaussée qui réfléchissent à la planification avec les SDAU et les OREAM, la politique de la ville, née des travaux du groupe Habitat et Vie Sociale, où se côtoient des spécialistes de formations diverses, et pourtant urbanistes, et les agences d’urbanisme enfin qui se construisent depuis 1967 dans l’interdisciplinarité.
Cette hybridation est un atout de notre profession. Elle constitue le corps de doctrine de l’OPQU[6]. Elle explique aussi en partie le foisonnement d’associations spécifiques. Mais elle met à jour un point de faiblesse de la SFU, qui tout en affichant le fait d’être ouverte à tous les modes d’exercice, reste fondamentalement ancrée dans la filiation d’origine, les architectes-urbanistes libéraux et ne prend pas en compte cette hybridation bien spécifique à notre culture professionnelle. En raisonnant par l’absurde, si la SFU avait assumé cette hybridation dans les années 80 et 90, nul besoin ne serait apparu de faire naître une myriade d’associations spécifiques. Une anecdote rapportée par un vétéran : « Charles DELFANTE, ancien président, a dû un jour défendre auprès d’un ministre la présence des urbanistes dans la fonction publique. Mais son rôle de patron d’une agence lyonnaise privée l’avait d’avance discrédité. »

12. Aujourd’hui quelle éthique à la SFU ?
Il y a incontestablement un usage quotidien à la SFU, qui consiste à continuer à témoigner d’une éthique centenaire. On célèbre les travaux de l’entre deux guerres d’Henri SELLIER, homme politique pertinent s’il en fût. Mais à défaut d’avoir été actualisé et innervé par des formes d’expression plus contemporaines de « l’urbanisme culturaliste », le discours d’origine n’évoque plus rien pour les urbanistes d’aujourd’hui et au-delà des urbanistes. Il y a eu rupture entre une éthique solide mais trop ancienne et l’exercice contemporain de l’urbanisme. L’éthique fonctionne à vide.
Il y a certes une reprise de la thématique de l’urbanisme durable qui peut servir de socle éthique moderne. Ce pourrait être une piste intéressante de revitalisation de la doctrine de la SFU, dès lors que l’on suivrait les pas d’un Alberto MAGNAGHI - l’approche territorialiste anthropocentrique  - et qu’on irait au-delà en approfondissant le lien entre développement soutenable et humanisme. Mais ce travail reste à faire et bien au-delà du babillage de la nouvelle Charte d’Athènes. Les travaux sur l’éthique de l’environnement[7] sont nombreux et fort bien documentés. Nous ne les avons pas encore utilisés. Il est plus que temps.
Il est indispensable de repenser le lien entre urbanisme et gouvernance[8]. Alors que depuis les années 80, l’urbanisme quitte les sphères parisiennes et se décentralise, la doctrine de la SFU reste marquée par le rôle de « l’urbaniste omniscient, qui pense et dessine la ville et le territoire à lui tout seul ». La prise en compte de la démocratie locale dans la fabrique de la ville et des territoires est devenue un enjeu dans cette même période. L’architecte-urbaniste spécialiste fait place à une démarche d’ingénierie plus complexe, qui associe à la fois des compétences de spécialiste, d’ensemblier et d’animateur[9]. La SFU n’a pas su pour l’instant intégrer cette évolution majeure dans son éthique professionnelle.

L’hybridation processus inconnu à la SFU
L’hybridation est la marque de fabrique des interventions sur la ville contemporaines. Les pratiques d’intervention sur la ville ont connu depuis quelques années des évolutions notoires et comme le souligne à juste titre François ASCHER, l’urbaniste n’est plus seul maître à bord. Il convient d’adapter notre éthique au fait que les interventions urbaines, les pratiques professionnelles relèvent désormais d’une responsabilité partagée. De surcroît, les interventions urbaines ne sont plus l’exclusivité des architectes-urbanistes ou des urbanistes et relèvent désormais de métiers multiples (artistes, géographes, ingénieurs, médecins, psychologues, sociologues). On peut être urbaniste et …, mais on peut aussi agir sur la ville sans être urbaniste. La chimère de l’ordre des urbanistes ou de l’association des qualifiés, même si elle est seulement portée par quelques-uns crée néanmoins un trouble dans la profession.
De ce point de vue, la question de la pertinence même de la qualification, forme de numerus clausus inaboutie, doit être posée. D’ailleurs pourra-t-on encore dans 10 ans identifier des parcours purs de formation d’urbaniste, alors que la réforme LMD met en place des parcours de formation individualisés ? C’est un combat d’arrière garde, mais l’échec patent du processus de qualification pourrait susciter des démarches protectionnistes, alors que l’ouverture et l’hybridation font déjà leur œuvre.
Pour refonder cette éthique, il faudra bel et bien engager une action en profondeur. Développement durable et nouveaux modes de gouvernance viennent bouleverser les politiques publiques territoriales et urbaines, tant dans leurs finalités que dans leur mode de conception et dans leur mise en œuvre. La SFU a-t-elle les moyens, la volonté collective de prendre en compte cette mutation fondamentale ? Les années passées tendent pour l’instant à démontrer que le recours à l’éthique ancestrale fait office de paravent et qu’une réelle paresse intellectuelle s’est emparée de la vieille dame.


2.       LES ACTIONS ET L’ORGANISATION DE LA SFU REPOSENT SUR UNE POSTURE DE L’URBANISTE SAVANT DEPASSEE 
Essayons de cerner en quoi a consisté l’action concrète et l’organisation de la SFU depuis une vingtaine d’années. Après avoir compté plus de 800 membres à une époque où les urbanistes étaient nettement moins nombreux, elle repose désormais sur 150 membres seulement. La SFU a peut-être initié, en tout cas soutenu, toutes sortes d’initiatives qui ont progressivement émietté l’organisation des urbanistes en France : une association des urbanistes du secteur public, un office de qualification qui pour voir le jour devait reposer sur un ensemble de familles d’urbanistes dont nombre d’entre elles sont des pures fictions. Elle se gausse d’un urbanisme daté avec pour seul objectif de rejeter à tout prix l’intégration dans le CFDU.
Comment expliquer ceci ? Probablement par des erreurs dans les orientations et des maladresses personnelles. Mais peut-on se satisfaire d’analyses aussi superficielles ? Comment y voir clair dans cet enchevêtrement et ce démantèlement progressif ?
Il faut simplifier le propos et éviter la narration au fil des ans et des micro-événements de la société SFU. Pour comprendre cette déconstruction constante, progressive et apparemment inéluctable, on pourrait avancer un quadruple refus:
1.   Le refus de choisir entre société savante et organisation représentative,
2.   Le refus de rompre la filiation avec le corps des architectes-urbanistes libéraux, et de donner leur place aux autres formes d’exercice,
3.   Le refus de la démocratie interne, au profit d’un fonctionnement « top down ».
4.   La persistance du « mythe de l’urbaniste savant ».

1.   Le refus de choisir entre société savante et organisation représentative
La société savante s’accommode fort bien d’un fonctionnement relativement confidentiel. Il y a bien un site Internet, mais les travaux sont inaccessibles dès lors qu’on n’est pas membre. Il y a bien sûr des rencontres annuelles, la journée mondiale de l’urbanisme, mais son impact médiatique est nul, et certaines années, lors d’organisation des JMU à l’étranger ou en Outre Mer, la délégation de membres qui y participe est beaucoup trop restreinte. La vie interne se limite aux CA et au bureau. Les associations régionales n’ont de vie propre que dans une seule région. La société savante ne sert que de référence virtuelle, car les groupes de réflexion ne fonctionnent plus depuis des années.
En somme, la SFU à force de ne pas vouloir choisir, n’est plus ni une société savante, ni un mouvement représentatif. Elle peut continuer ce ni-ni, mais dans ce cas, sa disparition sera certainement rapide, très rapide.

2.   Le refus de rompre la filiation avec le corps des architectes-urbanistes libéraux, et de donner leur place aux autres formes d’exercice
La question de la cotisation et de l’usage du local sont tout à fait symptomatiques. La cotisation unique oscille autour de 150-160€, alors que la plupart des associations professionnelles pratiquent une cotisation de 30€. Malgré des tentatives réitérées de débat au sein du CA, l’évocation de cette question reste impossible. On voit pourtant là un écueil majeur à l’adhésion de salariés aux revenus moyens, quelque soit leur milieu d’exercice. Notons que malgré l’affichage - la SFU se dit représentative de tous les modes d’exercice - le bureau et le CA, en dehors d’urbanistes juniors intégrés en 2010, se voit pour l’essentiel composés d’urbanistes libéraux et d’une forte proportion d’architectes-urbanistes.
L’écart entre le propos officiel, la SFU au service de tous les urbanistes, et la représentation réelle, la part du lion pour les urbanistes libéraux, est abyssal…. Au service de tous, mais plus de certains !

3.   Le déni de la démocratie interne, au profit d’un fonctionnement pyramidal
La notion de débat interne est pour l’instant totalement inconnue à la SFU. Sans cesse annoncée, toujours repoussée dans un coin, un coin de bureau, un coin de site Internet, un coin au téléphone avec le président. Il ne peut pas y avoir de réel débat. Il n’y a que les discours présidentiels qui se substituent au débat. Au mieux, le débat existe au sein du bureau, même si sa teneur ne parvient pas aux membres.
Ces démarches « top down » ont éloigné de nombreux membres, qui ont déchanté au fil des one man shows. On ne peut plus être crédible en pratiquant à ce point le grand écart entre aspirations et pratiques professionnelles contemporaines et omniscience d’un autre âge. 

4.   La persistance du « mythe de l’urbaniste savant ».
Alors que l’éthique du développement durable gagne du terrain, alors que les thèses des CIAM sont battues en brèche, la SFU s’enferme. Elle n’est manifestement pas encore en mesure de passer le cap qui lui permettrait de rentrer de plain pied dans la modernité de la fabrique des villes et des territoires. Elle s’arc-boute pour vénérer le mythe de l’urbaniste savant, qui pense et qui dessine la ville à lui tout seul. Si on accepte cette analyse, on comprend mieux dès lors, pourquoi elle :
-  Reste incapable de choisir entre société savante et organisation représentative, n’ayant au fond pas besoin de réfléchir sur des pratiques professionnelles émergentes,
-  S’arc-boute sur la filiation avec les architectes-urbanistes, figures de ce mythe de l’urbaniste savant et omniscient,
-  Bloque l’échange et le débat interne, dès lors que les thématiques qu’elle devrait prendre en compte, l’obligerait à ouvrir les yeux sur le présent.
Cet urbanisme-là n’a pas d’avenir. Deux questions se posent désormais à nous :
-  La SFU a-t-elle une autre ambition que de continuer à vénérer ce mythe ?
-  La SFU, si elle souhaite sortir de ce « culte », est-elle en mesure de mener à bien cette mutation ou n’est-il pas plus pertinent de procéder à cette refondation dans un autre cadre ?



4.       une refondation QUI doit prendre en compte le bouleversement dans le mode de faire la ville et les territoires.
L’avenir de la SFU est très incertain. Le scénario au fil de l’an, le plus probable, est celui d’une disparition à moyen terme. Car n’ayant pas su s’adapter aux évolutions de l’ingénierie urbaine et des territoires, aux mutations des pratiques professionnelles qui intègrent les exigences du développement durable et de la gouvernance, la SFU ne représentera plus ni une éthique contemporaine, ni une référence crédible pour des professionnels. Sauf à devenir rapidement « un urbanisme des catacombes ». Il n’est pas certain, loin s’en faut, du fait de pesanteurs accumulées, et de ce point de vue les dernières années pèsent lourd dans le bilan, qu’une mutation, même profonde, permette à la SFU d’incarner une éthique pertinente et une référence attractive pour les praticiens de la ville et des territoires. Admettons, pour que le propos puisse poursuivre son déroulement, que cette mutation soit possible et portée par les membres actuels. Que faudrait-il alors entreprendre ?
D’abord un certain nombre d’actes symboliques, et bien au-delà de la timide modification des statuts du 18 janvier 2011. Il s’agit de « démolir le mur de Berlin de l’urbaniste omniscient », pas de passer l’aspirateur dans son atelier !

Les 10 mesures phares :

1.     Adosser la SFU à la nouvelle éthique environnementale qui se substituera à la référence culturaliste désormais inopérante.
2.     Reconnaître l’hybridation professionnelle comme un atout et assurer une réelle égalité entre tous les membres qui fabriquent la ville et les territoires, et ce quelque soit leur formation d’origine et leur forme d’exercice.
3.     Passer du statut de société savante, devenu totalement caduque,  à celui de think tank ou laboratoire d’idées, ouvert sur les différents courants de pensée et apte à réfléchir sur les nouveaux modes d’exercice de la fabrication de la ville et des territoires.
4.     Coopérer de façon constructive avec les associations représentatives de la profession que sont le collectif national des jeunes urbanistes, et prochainement le Conseil français des Urbanistes, qui va rassembler tous les professionnels de la fabrique de la ville et des territoires.
5.     Etre une force de proposition pour remettre en perspective et adapter la qualification professionnelle aux modes d’exercice actuels et futurs.
6.     Tourner le dos aux pratiques malthusiennes en matière d’enseignement supérieur et prendre pleinement en compte les avancées de la réforme européenne de l’enseignement supérieur européen.
7.     Refuser toute forme de protectionnisme professionnel, tel qu’un ordre ou une association de représentation restrictive.
8.     Soutenir le développement des échanges professionnels et universitaires européens de façon à développer une culture européenne partagée de la fabrique de la ville et des territoires.
9.     Veiller à la défense et à la promotion des salariés du secteur public, para public ou privé qui interviennent dans le domaine de la fabrique de la ville et des territoires.
10.  Mettre l’organisation de la SFU en conformité avec celle d’une association démocratique.


[1] L’éthique est une discipline philosophique pratique (action) et normative (règles) dans un milieu naturel et humain. Elle se donne pour but d'indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure.
[2] Le Musée social joua aussi un rôle prépondérant dans la naissance de l'urbanisme et l'élaboration des premières lois d'urbanisme après la seconde guerre mondiale, les lois Cornudet de 1919 et 1924.  C'est aussi à partir du Musée social que fut introduit en France le modèle des Cités-jardins inventé et réalisé par Ebenezer Howard. Les membres du Musée social furent aussi à l'initiative de la création de la S.F.U. (société française des urbanistes) en 1911 et dont le premier fut rue Las Cases.
[3] Principal théoricien de l'urbanisme dit « culturaliste ». Très concerné par les questions sociales dans la ville, surtout après la guerre, il multiplie les mises en garde contre les dangers du modernisme et l'aliénation qui en résulte pour les habitants ; notamment celles erreurs officiels dans le domaine du ruralisme ou de l'urbanisme des grands ensembles, critiquant l'urbanisme fonctionnaliste... Il s'oppose particulièrement à Le Corbusier. Mais privé de pouvoir institutionnel, il n'a pas l'influence nécessaire et se trouve peu à peu marginalisé. Il a fallu attendre 1970 pour qu'une circulaire interdise les barres et les tours dans les villes petites et moyennes et mars 1973 pour arrêter la construction d'ensemble de plus de 500 logements.
[4] EXTRAIT SITE SFU : la version finale de la Nouvelle Charte d'Athènes de 2003, publiée par le CEU/ECTP, propose une vision partagée sur le futur des villes européennes. Elle dresse un bilan critique des propositions rédigées par Le Corbusier en 1943 et dégage des pistes de réflexion sur ce qui pouvait faire l'objet de débats de fond sur l'aménagement et l'Urbanisme.
[5] EXTRAIT SITE SFU : Le 10 Mars 1914 la Société Française des Architectes Urbanistes est enregistrée au Bureau des Associations de la Préfecture de Police. L'association a pour objet de "réunir une documentation technique, de nouer et d'entretenir des relations avec les groupements similaires à l'étranger, de centraliser les vœux émis dans les derniers congrès urbains et d'en étudier la réalisation pratique, de participer aux expositions qui auront lieu tant en France qu'à l'étranger, de se tenir à disposition des intéressés pour toute consultation." En 1919, devenue SFU, elle concourt activement à la promulgation de la Loi "Cornudet". Parallèlement, elle organise des conférences et des concours comme la "Conférence Interalliée d'Urbanisme" à Paris et le concours de plans pour la "Reconstruction d'une petite ville dévastée".
[6] SITE SFU : Office Professionnel de Qualification des Urbanistes (OPQU) :
Le 3 Avril 1998, est signé, au Siège de la SFU, l'acte de constitution de l'OPQU, Office Professionnel de Qualification des Urbanistes. Il est constitué par 7 Associations nationales en urbanisme et organisations professionnelles nationales d'urbanistes (dont le CFDU et la SFU, ainsi que la FNAU, la FN PACT-ARIM, la FN CAUE, l'AUDE, l'APUCT), avec le soutien de l'État (Siège à son Conseil, un Commissaire du Gouvernement) et de l'Association des Maires de France. C'est un office (et non une organisation professionnelle de plus), pour qualifier les urbanistes.
[7] Traduites par l’éthique environnementale et associées aux trois piliers du développement durable les nombreuses études d’évaluation des impacts environnementaux servent à une compréhension et à l'orientation d'activités humaines. Non seulement dans les pays développés, mais aussi dans les pays en développement, les traditionnels modèles de fonctionnement locaux évoluent vers une perception éthique et globalisée de l'environnement. C'est dans une perspective d'adaptation que les activités industrielles et culturelles polluantes reconnaissent l'éthique de l'environnement. Ainsi, dans son contexte civil et sociétal, la compréhension des enjeux de la mondialisation est employée pour expliquer et identifier les activités humaines éthiques avec l’environnement biophysique.
[8]« Le terme de gouvernance sert à désigner avant tout des processus où la décision est décentrée vers la multiplication des lieux et des acteurs qui sont concernés. La gouvernance urbaine se traduit par de nouveaux types de partenariats, de réseaux plus flexibles, moins hiérarchiques, entre institutions et acteurs de la société civile. »
In P. SIMARD, Agence urbanisme agglomération lyonnaise, Evolution des métiers de l’urbanisme, un enjeu pour penser la ville autrement. A paraître
[9] In P. SIMARD, Agence urbanisme agglomération lyonnaise, Evolution des métiers de l’urbanisme, un enjeu pour penser la ville autrement. A paraître

jeudi 30 décembre 2010

MOTION POUR UNE NOUVELLE S.F.U.



LA S.F.U. UNE ASSOCIATION QUI A SURVECU A DES PERIODES DIFFICILES

Quoiqu’il arrive, en mars 2011, une page se tournera à la SFU. Au printemps 2011, la présidence actuelle arrivera à son terme.
1/ Elle aura eu le mérite d’éviter une intégration pure et simple dans le Conseil français des urbanistes, qui peine à exister depuis 10 ans. Elle aura aussi permis de faire émerger une nouvelle génération de jeunes urbanistes.
2/ Elle s’est heurté à l’atomisation de la représentation professionnelle organisée pour contourner la SFU et fonder l’OPQU et le CFDU.


UN ETAT DES LIEUX DE LA PROFESSION PREOCCUPANT

1/ Profession jeune , les urbanistes sont restés longtemps « accrochés » par un « - » aux architectes, une profession mineure qui serait un « complément alimentaire » qui viendrait surprotéiner le «plat principal».         
                                                                                                                       
2/ Désormais, on appelle à la rescousse le cursus des écoles d’ingénieur pour « vertébrer » une formation d’urbaniste qui serait trop orientée vers les humanités. On serait donc toujours obligé, pour exercer comme urbaniste, de rester dans la queue de comète d’une profession “majeure”, honorablement connue et de formation irréprochable.                                                                                                                                                                                                    
3/ Un processus très prudent a été mis en place il y a une dizaine d’années, la qualification2, qui avait pour objectif de rendre progressivement visible la profession, en s’adossant pour l’essentiel sur une forme de validation des acquis d’expérience. Tout en permettant à des professionnels issus de formations très diversifiées de se faire reconnaître comme urbaniste. On a évité le pire, l’ordination. Pour autant, ce mélange complexe d’ouverture et de sélectivité qu’est la qualification peine à devenir le marqueur incontestable de la profession. Même si le référentiel qu’elle a suscité constitue un socle solide pour définir notre métier.
4/ La profession est en « fusion permanente » depuis qu’après avoir crée autant d’associations que de régions et de modes d’exercice, elle tente de refaire, sans succès, le chemin inverse, pour créer une association unique, cadre qui peine à se donner un contenu. La profession reste trop élitiste dans ses formes de représentation collective. Les associations même démultipliées regroupent à peine 300 membres au plus et au total. Peut-être 2% d’une profession qu’il est difficile, voire impossible de quantifier aujourd’hui : 10 000
membres ? 20 000 ?
5/ La profession est cannibalisée par des formes dérivées et déguisées de l’ingénierie que sont les nouvelles approches environnementales (AEU, écoquartiers, etc.). De surcroît avec
la bénédiction de la profession qui se bouscule aux portes de l’ADEME pour être «ingénieurisée» en développement durable.

6/ Dans ce contexte, quelles perspectives la profession offre-t-elle aujourd’hui à ses membres ? Peu ou pas de perspectives :

- des querelles d’appareils, ou plutôt de leaders,
- des « bras m’en tombent » devant le fait qu’environ 5% des urbanistes français (soit à peine 600) seulement sont qualifiés par l’OPQU,
- des luttes sourdes entre professionnels de l’enseignement et praticiens sur les modalités d’accueil des jeunes diplômés au sein de la profession,
- l’éviction de la fonction publique, alors même que les élus souhaitent des urbanistes à leur côté,
- la fusion statutaire des associations d’urbanistes, un ordre repoussoir des urbanistes rendant l’adhésion obligatoire.

Pas de quoi s’emballer ou pavoiser ! Les six axes ci-dessus peuvent être proposés comme premiers thèmes de diagnostic.

DES PERSPECTIVES MOBILISATRICES

Nous sommes nombreux à souhaiter un nouveau souffle à la SFU, sa refondation !

1/ Ce nouveau souffle sera participatif : l’année 2011- celle de notre centenaire - doit être l’occasion d’un débat interne ouvert, et au-delà de la profession, et constructif. Il devra s’appuyer sur nos réseaux régionaux et prendra aussi en compte les nouveaux canaux
d’expression de la toile.
2/ Ce nouveau souffle sera créatif. Nous devons imaginer ce que doit être une association d’urbanistes confrontée à un monde en mutation. Développement durable certes, mais aussi nouvelle gouvernance des territoires, équité sociale et territoriale et dimension sensible de la ville, autant de thématiques qui doivent nous inciter à être imaginatifs.
3/ Ce nouveau souffle doit être entraînant. Nous nous interrogeons sur notre statut : société savante, syndicat professionnel, organisation représentative des urbanistes, etc.… Nous sommes entre 140 et 300 (il faudra être au clair sur les adhérents à jour de leur cotisation !) et il y a entre 10 et 20 000 urbanistes estimés en France. La perspective d’entraîner avec nous beaucoup plus d’urbanistes ne peut donc pas être écartée !
4/ Ce nouveau souffle doit enfin nous permettre de rester unis. Au-delà des différences de génération, de sensibilité, nous devons reconnaître que nous avons des points de convergence. Et les mettre à profit. Sans pour autant imposer un discours stéréotypé. Agir ensemble, mais tout en parlant vrai.
5/ Le nouveau souffle doit reposer sur un travail méthodique. L’année 2011 sera consacrée en priorité à une réflexion collective.

Réflexion qui sera ouverte au-delà des membres actuels de la SFU.

Une année 2011 consacrée à une réflexion collective autour de trois thèmes :

- Ecrire ce que sera cette SFU: la commission du “projet associatif” précisera les grandes orientations: société savante, formation, édition, animation, congrès et colloques, transmission.
- Définir le mode de fonctionnement interne SFU: la commission “gouvernance” précisera sa représentation locale, ses instances dirigeantes.
- Elaborer le cadre des relations externes : la commission "profession et institutions" réfléchira aux rapports avec les autres représentations professionnelles (urbanistes et... les autres), le rapport avec les pouvoirs publics et d'autres sous-thèmes pas vraiment mineurs : qualification, titre, diplômes.

Ce travail collaboratif débouchera à l’automne 2011 sur un séminaire ouvert permettant de capitaliser cette réflexion. Ces travaux constitueront la base de la nouvelle SFU, qui se prononcera sur les projets définis durant cette période « constituante ».

Bernard AUBERT
Olivier CREPIN
Baptiste DANEL
Daniel DE LICHANA
François FAVARD
Baya KACI
Dominique LANCRENON
Guy LEMEE
Patrick LIGEARD
Clément MARQUIS
Dominique MUSSLIN
Vivien MUYSHONDT
Gilles ROUSSEAU
André SANDT